16.11.11

L'indignation des écrivains, ou l'art du piggyback

C'est en visitant le site de Mac que j'aperçois, du coin de l'oeil droit, ce nouveau gadget twitteux semblable aux fils de presse, et le nom de Johnny Bee.

De fil en aiguille, semble qu'un rassemblement d'écrivains se prépare pour dimanche prochain, Place du Peuple ou Place des Peuples, personne a l'air certain, anyway Square Victoria. Et ça se garroche pour répondre «Présent!», oh c'est de toute beauté. Ça va lire, ça va appuyer, ça va exprimer la solidarité des écrivains en belles phrases complètes. Ça va, bref, voler le show et se mêler d'autre chose que ses affaires, qui sont ÉCRIRE!

C'est aux Indignés de se définir, de choisir leurs mots pour leur cause et convaincre le monde.

Kessé qu'une gang d'écrivains, des bons et des pourris, ne représentant personne à part eux, et certainement pas les écrivains, kessé qu'ils ont d'affaire là s'ils sont pas prêts à coucher dehors?

Vieux G: l'heure juste

C'est pour moi une grande joie régulièrement renouvelée de voir s'affermir et s'épanouir le talent de Guillaume Lajeunesse. Celui qu'ici on appelle affectueusement Vieux G.

Comme tous les rares authentiques possesseurs du Don qui publient à mesure qu'ils apprennent, il traverse pendant qu'il travaille à le maîtriser une multitude d'opinions. Dont il est seul à pouvoir faire le tri.

Attention aux félicitations trompeuses. À être aimé pour les mauvaises raisons. Tu viens de publier trois textes coup sur coup, deux sont encensés, or ils sont trop longs, trop compliqués, et c'est le troisième qui montre ce style que tu es en train de trouver, celui qui est juste à toi, qui est toi. Ce texte-là:


Rien et tout se chatouillant

De volubiles errances vipérines
Un coeur clochard qui s'expie en
Grogne musclée qui salive

Des tempêtes de fumée
S'enfumant de sève bactérielle
Des mitraillettes d'atomes pour
Des meurtres du hasard

Des pays sans noms
Provisoirement habités
Par des mygales totalitaires

Des cathédrales chimiquement hallucinées
Où l'on écrase des fouilles archéologiques,
Piétine les dents qui souriaient autrefois

Des femmes-monstres qui ont dans
Leurs entrailles
Des laboratoires de fleurs de feu

Des débâcles mathématiques
Scientifiques empalés par des pieux d'infini
Des songeurs carrés se défénestrant
Dans le théorème de Fermat

Des pianistes qui s'endorment la face
Sur le clavier en l'accord de leur vie
Ils s'éveillent en sursaut sont médiocres à nouveau

Pitchounette, Pox party et Lollipops

La petite a fait ça comme une grande, elle et ses huits copains ont campé deux nuits dans le salon de Circius, et sont immunisés à vie contre cette saloperie de varicelle.



Depuis hier, elle lèche des dizaines de suçons pour l'exportation. Passez vos commandes. Notez que le transport par avion est obligatoire, malgré le prix: par bateau, ça prend six semaines, le virus crève en route.

En stock, il reste d'autres saveurs lollipopulaires: la rougeole, les oreillons, la rubéole et la gale. Premiers arrivés, premiers servis.

MetroMac is back in town, it must be true: c'est écrit dans le journal

Les medias sont au courant, y est à peu près temps.

12.11.11

La kette du sein troll

Non? Toujours aucune réaction? Savez pas trop quoi dire? 

Une belle kette, un pompier quotidien, une paire de flics en visite hebdomadaire, c'est-y pas le bonheur?

Tas de Tribaux timides. Rougissants jusqu'aux sourcils comme des gamines. Détournant le regard. Allez donc jouer ailleurs.

11.11.11

Seront jamais vétérans...

Le prix du sang que coûte notre alliance avec l'impérial voisin du dessous.


LES CIMETIÈRES FLAMANDS
Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands,
Qui parmi les rangées de croix bougent dans le vent,
Nous sommes enterrés. Et dans le bleu des cieux,
Les alouettes encore lancent leur cri courageux
Que plus personne n'entend sous le bruit des canons.

Nous sommes morts : il y a à peine quelques jours,
Nous connaissions les joies de la vie, de l'amour,
La fraicheur de l'aurore, les lueurs du ponant.
Maintenant nos corps sans vie reposent en sol flamand.

Nos mains inanimées vous tendent le flambeau :
C'est à vous, à présent, de le tenir bien haut,
De contre l'ennemi reprendre la querelle.
Si vous ne partagez des morts la foi rebelle,
Nos corps ne pourront pas dormir paisiblement
Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands.



J.P. van Noppen
Une traduction du poème 
"In Flanders Fields" 
de Lt.-Col. John McCrae

Chu trop sentimental, chu tanné d'avoir mal en voyant l'amour des autres

Tel celui-ci. Simple, charnel, terrien: Carolorégien, quoi.


Lyes...

Sortir de la salle de bains presque tout nu: DSK tout craché.

On a presque pitié des flics: c'est pas pour ça qu'ils sont devenus flics. Eh ben ça leur apprendra à devenir flics. La kette, toujours la kette.

8.11.11

Sacré vieux Bozo I love you so

Se peut que vous l'appreniez ici, vu que les gazettes semblent dans l'ensemble peu empressées à y voir matière à nouvelle (Chantal Guy, évidemment, a écrit un papier substantiel, mais pour le trouver sur La Presse en ligne, faut chercher en chien: pas vous autres, craignez rien, le Big Dog vous le refile ici): Victor-Lévy Beaulieu a remporté hier le prix Gilles-Corbeil. Kessé ça? Oh, pas grand chose, presque rien, seulement le prix littéraire le plus richement doté en Amérique. 100 000$. Pas de quoi bousculer l'agenda du téléjournal.

Il m'a écrit vendredi. Je serai en ville lundi, on pourrait se voir. On m'a invité à la remise du Prix, j'ai répondu que j'y assisterais avec plaisir...

Ben oui. Lévy, on n'a qu'à l'inviter à une remise de Prix à Montréal, un lancement, un vernissage, une inauguration de centre d'achats, et il viendra, comme ça, c'est son genre, genre. NOT!

Quitter Trois-Pistoles, crisse, il lui en faut gros pour s'y résoudre. Quand je dis gros, c'est gros: il informe régulièrement au dernier moment qu'il ne sera pas présent à un événement qui dépend de lui et organisé autour de lui et annoncé depuis longtemps sur sa confirmation. Parlez-en aux deux cents personnes qui l'attendaient chez Renaud-Bray pour assister au débat qu'il avait suscité, parlez-en aux deux autres personnes sur scène qui devaient débattre avec lui, héhé.

Il a fait le coup au Salon du Livre de Québec (cette fois-là, il pouvait pas laisser ses moutons seuls), il l'a fait souvent partout, moi j'en ris en complice et ami depuis que j'ai cessé de m'en vexer, héhé, mais bon, ce qui est vraiment vexant, c'est que personne n'a l'air d'avoir pigé un pattern, là. On préfère penser qu'on connaît VLB, un ours imprévisible capable de toutes les colères impolies, un sauvage, un fouteur de merde qui mange avec les doigts et se torche la barbe avec la nappe du dimanche. Pas important qu'il soit rigoureusement impossible de trouver nulle part le moindre incident, le plus infime fait anecdotique à l'appui de cette idée reçue, ni sur le net, ni nulle part. Certainement pas depuis qu'il a cessé de boire, et ça fait très longtemps, et ses quelques légendaires colères datent de bien avant, du temps de Montréal, là où se bâtit la légende, pour le meilleur d'abord mais toujours pour le pire pour finir: qui était là pour s'en rappeler qui vit toujours? Y aurait Turgeon, y aurait Godbout, y aurait qui d'autre des débuts, quels journalistes, y aurait Martel y aurait Marcotte y aurait pas ben d'autre monde que ça, pas tant qu'il soit si vieux, seulement paskils étaient tout seuls, à cette époque, à écrire vraiment... Lévy, dans le texte que je vais vous relayer, évoque Ducharme. Aurais-je oublié Ducharme dans ma short list ci-haut? Fuck no. Simplement, j'ai tenu à n'énumérer que des gens qui y étaient et, je le répète, qui vivent toujours: Réjean Ducharme ne pouvait y être, et il est mort depuis vingt ans. Chu même pas sûr que VLB le sache, ça.

Le texte qui vient, c'est celui qu'il a livré hier après réception du Prix. Un très beau, très sincère, très doux et tendre texte. VLB est tendre, sincère et doux, il l'a toujours été, cette barbe sert à le protéger, l'alcool servait à le protéger, à lui donner de quoi rugir et repousser les assauts incessants des petits des méchants des insignifiants, comme une torche tient les loups et les hyènes et les rats hors du périmètre de campement.

Il sait plus trop pourquoi il a décidé d'être écrivain à quatorze ans. Il sait cependant que moi, quand j'ai pris la même décision au même âge (suivie d'action, de résultats et toujours inaltérée trente-trois ans plus tard), c'était grâce et à cause de lui: 1978, première des trois saisons de Race de Monde à Radio-Canada, Abel Beauchemin, tout mon destin tenait déjà dans le générique du début, une main traçant au stylo-feutre des mots en lettres carrées dans un cahier ligné et une bouteille de St. Leger juste à côté. La plupart des gens qui entreprennent d'être écrivains partent avec aussi peu: une image, un fantasme. C'est pourquoi la plupart sont déçus tôt ou tard, et que quasiment aucun ne devient écrivain. Si ma décision n'avait tenu qu'au seul téléroman de VLB, je serais probablement devenu flic ou avocat en début de vingtaine. Faut plus, beaucoup plus qu'un fantasme pour soutenir une vie vouée à écrire. Et c'est découvrir l'auteur du téléroman et son oeuvre et surtout avant tout et en tout et partout sa conception de l'Oeuvre, du Grand Roman, de l'absolu littéraire comme honorable et valable échine d'une vie, c'est ça que je lui dois, et je suis content qu'il le sache, ce grand vieux Joual Féral dont on ne fera jamais une ganache de son vivant, ni de la colle après sa mort, et oui je sais que féral est un anglicisme, mais quand les Français comprendront qu'on traduit pas un mot comme ça qui signifie sauvage par un mot comme marron, je voudrai bien coopérer. Tas de ploucs.



JE CRIE, J’ÉCRIS, JE DÉCRIS




Je ne suis pas accoutumé à me retrouver devant l’une de mes grandes feuilles de notaire, mon stylo feutre à la main, pointé vers le ciel plutôt que vers le papier. C’est que je ne trouve pas quoi dire, surtout pas pourquoi, à l’âge de 14 ans, j’ai décidé que je serais écrivain. Peut-être est-ce au fond très simple : je n’ai pas eu à choisir, puisqu’on n’écrit pas par choix, mais parce qu’on n’a pas le choix.
Rien ne me destinait à l’écriture : je suis le sixième d’une famille de treize enfants, pour laquelle la simple survie exigeait tant de labeur que toute son énergie vitale y passait. Le seul livre de mon enfance dont j’ai gardé mémoire est la première édition des Poésies d’Émile Nelligan qui trônait, solitaire, sur le piano chez mes grands-parents paternels. Pourquoi cet ouvrage était-il là et pourquoi ma grand-mère mettait-elle entre les pages ces coupures de journaux dans lesquelles il était question du poète? Parce que la mère de Nelligan, née Hudon dit Beaulieu, était apparentée à notre famille et qu’on compatissait au chagrin qu’elle avait éprouvé quand on dut interner son fils. Seule ma grand-mère avait le droit de prendre et d’ouvrir l’ouvrage de Nelligan. L’a-t-elle lu? Je suis certain que non. Et pourquoi ne l’a-t-elle pas fait? Parce que c’est en écrivant que Nelligan était devenu fou et que cette maladie-là, comme tant d’autres, pouvait être contagieuse. Même sans lire ou écrire, certains membres de notre famille ne vacillaient-ils pas sur leurs pieds et ne risquaient-ils pas de passer, furieusement, de l’autre côté du miroir?

Je commençai à lire à mon adolescence quand, laissant le petit village de Saint-Jean-de-Dieu derrière nous, nous nous retrouvâmes, ma famille et moi, à Morial Mort. Je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi je lus d’abord la poésie québécoise avant de découvrir Léo-Paul Desrosiers, Félix Leclerc, Yves Thériault et Jacques Ferron. J’aurais bien aimé devenir poète, je m’y suis essayé, mais en vain : comme l’a si bien dit Miron le Magnifique, il n’y a pas de poème quand celui-ci n’est pas l’objet d’une seule idée, d’une seule métaphore. Je n’étais pas de ce côté-là des choses : les poèmes que j’écrivais, alors que j’avais quatorze ans, faisaient deux cents pages! Aucune idée poétique, aucune métaphore poétique ne peut avoir deux cents pages!

Mais dans un roman, tout cela est possible. Je l’ai compris en lisant Les Misérables et Les travailleurs de la mer de Victor Hugo. Je me souviens de ce que ma mère me disait quand je déballais les gros ouvrages du bonhomme Hugo sur la table de la cuisine : « Si tu lis toutes ces folleries-là, tu vas finir tes jours à Saint-Jean-de-Dieu! » Je répondais alors à ma mère : « Lequel, Mam? Le Saint-Jean-de-Dieu qui est un asile dans le bout de l’île du Grand Morial ou l’autre, ce petit village du Bas-du-Fleuve où tu es née? »

Quand je fus atteint par la poliomyélite à l’âge de dix-neuf ans, dans la partie gauche de mon corps, celle avec laquelle j’écrivais, mes parents auraient voulu que je voie cela comme un avertissement que le ciel m’envoyait. J’y vis plutôt le signe que je devais me consacrer totalement à l’écriture. On ne savait pas en ce temps qu’elles pouvaient être, à long terme, les conséquences de cette maladie, sauf qu’elle risquait de vous clouer à un fauteuil roulant, et dépouillé de toute énergie vitale, une fois le cap de la quarantaine dépassé.

J’ai donc vécu avec cette angoisse-là tout le temps de ma jeunesse, ce qui m’a imposé ce sentiment d’urgence qu’il me fallait tout dire, et le plus rapidement possible, avant que ne s’effondre mon énergie vitale. Et j’en avais beaucoup à crier, à écrire, à décrire, bien davantage que je ne le pensais moi-même. Par ailleurs, j’ai toujours cru que pour réussir dans quoi que ce soit, il faut d’abord naître sous une bonne étoile. Je suis venu au monde le jour même de la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand Américains et Japonais ont mis bas les armes, ce 2 septembre 1945, à 7 h 43 précisément. J’imagine le soulagement que cela a dû être pour ma mère et pour mon père d’entendre à la radio une telle nouvelle tandis que je poussais mes premiers cris. Bien sûr, nous resterions pauvres, mais l’est-on vraiment et absolument quand la paix, si improbable, redevient réalité?

Mon enfance, je l’ai traversée comme on la traverse quand on est né sous une bonne étoile, au milieu d’une nombreuse famille pour laquelle le Québec était son pays depuis 1637. Cette famille-là me donna 276 cousines et cousins. C’était dans un monde tricoté serré, du genre de celui que porte la mémoire profonde des choses. Et les gens de ma famille avaient une mémoire phénoménale et j’ai eu ce grand privilège d’en hériter. Je n’avais pas besoin d’apprendre, puisque ça se savait déjà; je n’avais pas besoin de retenir, puisque ça se détenait déjà.

Je n’ai donc pas de mérite à avoir écrit autant : c’était simplement là, au cœur de la mémoire familiale, et ça ne demandait qu’à surgir. Il en est des écrivains comme des cours d’eau : il y a des ruisseaux, des rivières, des lacs, des fleuves et des océans. Pas plus que les cours d’eau ne choisissent la nature de ce qu’ils sont, les écrivains ne choisissent la nature de leur écriture : ça s’écrit ainsi parce que ça ne peut pas s’écrire autrement.

Jacques Ferron m’a appris que nous venons tous d’un bout de rang, d’une petite rue, d’un semblant de village, d’une ville qui est parfois même une métropole, d’une province et, quand tout cela se lie et se relie, d’un pays. Toujours parce que je suis né sous une bonne étoile, j’ai vécu là où tous les Québécois ont vécu, de l’arrière-pays abandonné à lui-même au cœur d’un Grand Morial en effervescence. J’ai aussi voyagé, dans la réalité de pays que je voulais connaître, dans l’imaginaire de pays que je n’étais pas en mesure de connaître. Les oblats missionnaires de ma famille m’ont initié à l’Afrique et à la Papouasie, les sœurs missionnaires de ma famille m’ont initié à l’Amérique du Sud, les tantes et les oncles aubergistes de ma famille m’ont initié à l’Irlande, à l’Écosse et à la Bretagne, les migrants de ma famille m’ont initié à l’Ouest canadien, à la Nouvelle-Angleterre, au Colorado et à la Louisiane.

Vous comprendrez que venant d’une telle famille, je n’ai jamais compris qu’on ait pu parler du temps de mes ancêtres, du temps de ma mère et de mon père, du temps de mon enfance et de celui de mon adolescence, comme étant ceux de l’enfermement, pour ne pas dire ceux de la Grande Noirceur. S’il n’y avait pas eu dans ma famille cette curiosité par-devers l’étranger, curiosité qu’on a su me transmettre, croyez-vous que j’aurais été autant fasciné par Victor Hugo, Jack Kérouac, Herman Melville, Léon Tolstoï, James Joyce et, maintenant, Friedrich Nietzsche? À l’origine de tout pays, le cannibalisme est une nécessité, comme l’enseigne ce dieu grec que fut Dionysos. En dévorant les autres, on se les approprie, on élargit le champ de sa conscience qui, seule, est en mesure d’apporter une plus grande beauté au monde dans lequel on vit.

Cette plus grande beauté-là, c’est par le langage qu’elle s’exprime dans toute sa puissance. Réjean Ducharme nous en a fait la démonstration exemplaire. Pour ma part, je n’ai jamais cessé de croire que la langue québécoise est d’une grande richesse, qu’elle a son propre génie, sa propre sonorité et sa propre musique, et qu’il est de la responsabilité de l’écrivain de la bellement faire chanter et danser. Je n’aurais contribué par mon écriture qu’à lui ajouter quelques notes manquantes que je n’aurais aucun regret à avoir écrit les cinquante mille pages qui sont venus de ma main gauche et de mon stylo feutre bleu depuis cinquante ans.

Quand je suis né en 1945, nous étions deux millions et demi de Québécois. Aujourd’hui, nous sommes presque trois fois plus nombreux. Quand je suis né en 1945, la population mondiale était d’un peu plus de deux milliards d’individus. Aujourd’hui, la race humaine est de sept milliards de femmes, d’hommes et d’enfants. Nous savons moins que jamais de quoi sera fait l’avenir et s’il y aura même un avenir. Si je ne cesse pas d’écrire, c’est que je ne crois pas à l’éternité de l’enfer, pas davantage pour le monde en général que pour le Québec en particulier. La vie a plus d’un tour dans son sac, sa volonté de puissance va bien au-delà de tout ce que, comme individu et comme écrivain, je pourrais bien imaginer. À l’âge de quatorze ans, j’ai dit oui à la vie, celle du monde en général et celle du Québec en particulier. Pour changer les choses, pour leur redonner leur beauté manquante, il faut d’abord savoir dire oui à cette vie dont les racines pleines de sève ne demandent qu’à devenir l’arbre sacré de ce très grand poète que fut Paul-Marie Lapointe – cet arbre sacré qui porte ces pommes d’or qu’au Québec, comme partout dans le monde, on appelle liberté, égalité et fraternité.





Moreau, ce héros

Peu comprennent. Parce que peu s'en sont donné la peine, celle d'oser, celle de surmonter leur peur. Moi, Moreau, il ne m'a jamais niaisé, on s'est très bien compris dès les premiers instants.

Regardez-moi ces freaks croyant avoir affaire à plus freak qu'eux, et s'empressant de le préjuger comme on l'a fait avec eux toute leur vie.



À la fin, il n'en fait qu'une bouchée qu'il avale en se léchant les doigts.

C'est que Moreau, pour montrer aux gens le chemin vers le meilleur d'eux-mêmes, fait d'abord sortir le pire. Exemple (Ah! Comme les archives prennent parfois toute leur valeur et toute leur pertinence des années plus tard, héhé...):


Sûr, c'est pas la meilleure voie pour un philosophe de se rendre jusqu'à l'affection des populations: Socrate, le premier, en a fait l'amère expérience. Mais Moreau justement va jusque là: une autre époque, voire un autre pays aujourd'hui, l'aurait tué. Pas comme BHL qui ne suscite au pire qu'une mitraille de tartes à la crème.  

Chu tombé su'l cul.

Samedi soir, à Belle & Bum. Lisa Leblanc. FAUT QUE CETTE FILLE ME LAISSE ÉCRIRE UNE CHANSON POUR ELLE! FAUT!

Faire son cinéma

Nouveau clip de JF pour la sortie de Mammifères en France. Les images anciennes ont été tournées par son grand-père; je reconnais beaucoup de ce qu'elles montrent, étant cousin de Moran, et son aîné.


Le clip qui suit aborde son processus, à partir de la chanson Toujours encore que j'ai écrite pour lui.


Embêtant, cette histoire de France. Si vaste, si vaste soif. Capable de boire un talent jusqu'à l'assécher. La France fera-t-elle de JF un chanteur? Ce serait criminel. C'est un écrivain qui chante, un poète musicien parce que c'est pléonastique. Et puis quiconque l'a vu en show, nécessairement en petite salle, sait quelle expérience chaude c'est: la France est une grande, grande salle. Un frigidaire.

Une grosse sale, aussi. Imperméable. Ne recevra pas de nouveauté qu'elle ne l'ait d'abord redessinée en termes qu'elle connait déjà

Il a bien fait de ne pas mentionner qu'il fut un temps bûcheron, ça les ferait capoter. Déjà ils le font naître au coeur de la campagne canadienne, cibole: y est né à une demi-heure de Montréal. Non, avec les Français, y est pas sorti du bois...

31.10.11

On fournit pas

On baise comme des lapins! La sept milliardième tête à claque humaine est asiatique; en occident, on a beau avorter à l'échelle industrielle, on fournit pas à compenser, sans parler des Boomers qui dédaignent de décéder (pas demain la veille, d'ailleurs, qu'ils risquent de s'y mettre: attendez qu'ils entendent parler du triomphe de la science sur la sénescence, et qu'on pourra reprogrammer leurs fibroplastes encrassés en cellules souches pluripotentes...)

Cette horloge affiche les dégâts en temps réel. Malheureusement, elle ne tient pas compte des gros culs yankees, qu'il faudrait en toute équité mesurer en double.

30.10.11

Back bientôt, si la tendance se maintient...

Regardez-moi ça... Ils sont tous là. Tous les Tribaux. Pas un seul n'a déserté. Ma foi, je crois qu'il y en a même de nouveaux...

Chu pas tout à fait paré au retour, mais ça semble désormais envisageable.

D'ici là, voici voilà de quoi mâcher brillant.

12.8.11

Le roman de Blue: un vague avant-goût

Ça n'aura que peu à voir avec ça, mais ça en parlera aussi.

Faut la laisser travailler, héhé.

It'll be a great Book.





10.8.11

Transit

Je savais pas quoi offrir à OldCola, mon vieil ami précieux débarqué en ville mercredi dernier. C'est difficile de lui faire plaisir.

Grâce à PatLag, mon jeune ami précieux, j'ai trouvé.

George Carlin...



Ne vous gênez-pas pour en profiter si ça vous chante: y a assez de gâteau pour tous...

3.8.11

Pas pour celui qu'on pourrait croire

Ça a beaucoup joué dans l'invention de Jean-Christian, et dans ma façon de le traiter ses quinze premières années. Astheure, il est un homme et il est loin, physiquement, mais nous sommes proches en toutes les autres dimensions qui devraient pourtant nous manquer.

Non, ça, c'est pour mon autre kid. Pour Kevin. Qui en a besoin. Ça va le fâcher, sur le moment.

Shit happens.

En hommage à tous mes Tribaux hexagonaux que je bardasse parfois trop

et surtout à leur Maîtresse Bleue.



S'agit maintenant d'entendre l'anglais, cousins.

29.7.11

All mine!

Ladies & Gentlemen, j'ai mis au monde ce grand diable.

Avec un peu d'aide de sa mère.


Certes, il m'en veut, parce qu'après tout j'ai fait exprès et qu'il est pris avec sa vie depuis vingt-neuf ans, sans avoir jamais rien demandé, mais bon, il sait aussi que je m'en crisse et ne regrette rien. That's my boy, people. Best damn thing I ever made in my life.

Il me plaît foutrement, ce bon Jack-là...

Jacques Durocher. À surveiller. I mean it. Toute la Tribu. Surveillez-le.

Héhé.

He's fucking goood. Goood genre dangereux!

Évidemment, une Camaro, bleue ou pas, traverse mal le Golden Gate Bridge sans chauffeur, cheveux ou pas au vent.







Comme de raison, y a aussi ceci, auquel JD rend un superbe hommage. Et j'en ai un tas à vous raconter là-dessus, l'original...

25.7.11

Go, Amy, en paix si ça se peut. Go, Baby, since you're gone anyway. Kiss Émile for me.

Le corbillard


Par des temps de brouillard, de vent froid et de pluie,
Quand l'azur a vêtu comme un manteau de suie,
Fêtes des anges noirs ! dans l'après-midi, tard,
Comme il est douloureux de voir un corbillard,
Traîné par des chevaux funèbres, en automne,
S'en aller cahotant au chemin monotone,
Là-bas vers quelque gris cimetière perdu,
Qui lui-même, comme un grand mort, gît étendu !
L'on salue, et l'on est pensif au son des cloches
Elégiaquement dénonçant les approches
D'un après-midi tel aux rêves du trépas.
Alors nous croyons voir, ralentissant nos pas,
A travers des jardins rouillés de feuilles mortes,
Pendant que le vent tord des crêpes à nos portes,
Sortir de nos maisons, comme des coeurs en deuil,
Notre propre cadavre enclos dans le cercueil.

Émile Nelligan

20.7.11

OK, Rain, LÀ on est quittes. Cadeau. 10-4!

Prière aux Français qui voudraient savoir ce dont il s'agit de s'adresser à Rainette, genre, ou au Terrible, ou à Big Mac, anybody but me.



Ou, selon les goûts, y a aussi le nettoyeur de Saint-Eustache. En hommage à l'examen d'Emcée, et en dépit qu'elle ait un faible pour Marc Labrèche.

Peau de Chagrin: La Tribu

Une crisse de chance que je vis pas des dîmes tribales. On était 134, on a perdu Anne des O, là on vient de perdre autrui, ché pas qui, on est rendus à 132.

C'est le temps où jamais de déserter, paske quand les chiens de guerre reviendront rôder, on sera pas assez, de cent trente-deux. Il restera que Blue et moi avec des Louisville Sluggers, Terrible en truck et Big Mac en avion, et peut-être ma vieille voisine Marion, qui sait faire des potions et m'aime en masse, sauf qu'elle a huit chats et déteste les chiens, même les chiens de guerre, même les petits, les toutous de guerre, elle aime pas ça, faque faut pas compter sur Marion, mais autrement, euh... Autrement, faudrait se mettre à recruter, je suppose.

19.7.11

Poème inspiré d'un dire du père de Emcée

Le poil des yeux pesant,
Je penche par-devant, je pense par le sang,
Ma paupière est plombée,
Mon iris a risqué
Tout ce qu'il osera
Contempler.

Voir, c'est boire
À la rétine, à la tétine
Du lait, du laid.

Le poil des yeux pesant,
Je sens venir un sommeil fou,
Allongé dans les ronces et
Couvert de cailloux,
Les cauchemars me mettent à mal,
S'infiltrent ainsi que des vers de
Mezcal
Dans mon veinage soul,
Causant dommage mou.

16.7.11

Joe, Joe, t'avais les yeux croches, mais on peut pas dire que je t'aimais pas...

Je m'apercevais de rien. Même pas que cette chanson était de Pierre Delanoë. J'avais douze ans. J'en ai torchées, quelques-unes, de chansons, depuis. Merci. Pour l'illusion. L'ambition. The whole shit, you know.



J'ai jamais saisi au juste pourquoi cette chanson qui raconte un échec m'avait donné le goût d'essayer.

Outre le fait

qu'elle ressemble un peu à Darth Sidious avec les mains arthritiques à l'envers et qu'elle n'est manifestement pas habillée par Blue et qu'elle a commis l'impardonnable crime de mourir le même jour que Jean Cocteau, outre ça, elle chante pas mal du tout.



Oh pis non, by the way: je ne regrette rien non plus.

14.7.11

Anne! (Des Ocreries)

Fais un homme de toi ou fonds comme une lune de miel, bordel.

Reviens-en. Ou pas. Se fier sur le Terrible, c'est comme si Dame Guenièvre s'énamourait du Chevalier Fagot.

Je t'ai fait de la peine. Oui. Ici, c'est le genre de chose qui arrive.

Reviens-en, sacrement. Montre-toi dure.

Montre-toi tribale, montre-toi bleue.

Bonne fête nationale, France!

C'est Butch, comme il en a coutume, qui m'en apprend une bonne: le 14 juillet ne célèbre pas la prise de la Bastille!


Un vieux billet 100 fcs Delacroix. Emcée est restée stupéfaite, ébahie, ravie devant la toile originale au Louvre...

Bonne fête, amis, cousins. Je fais souvent des farces plates, mais sans la France, il me manquerait une moitié de mon identité...

11.7.11

Vous me faites tous tellement chier avec vos Facebook shits

Sortez donc d'icitte, calice, allez vous mignoter ailleurs, mais les hosties de mangeux à deux râteliers, les hypocrites naturels, les crosseurs, les paranos, les ceuzes qui se magasinent une claque sua yeule...

10.7.11

Test Autobus

Il faut, je crois, périodiquement s'administrer le test autobus. Pour qui, combien de gens serait-on prêt à se précipiter sans hésiter sur le passage d'un autobus en bonne voie de les écraser? Quelle(s) vie(s) sauverions-nous au prix de la nôtre?

Il m'a toujours semblé qu'au minimum il en faut une. Si on n'en trouve aucune, on est bien à plaindre. Évidemment, si on en trouve trop, vu l'augmentation des transports en commun, on est statistiquement mal barrés aussi, mais là on sort de la philosophie.

Synesthésie

Après une longue interruption, le singulier blog Synesthésie qu'OldCola et moi avions créé reprend du service avec une recette de Blue.

Des auteurs livrent une recette, l'information stylistique prédominant sur l'information culinaire: c'est le concept.

8.7.11

Sûrement personne ne m'en voudra

de mettre un clip du gars qui avait la plus belle voix et qui était le plus beau et le plus charismatique du siècle où je suis né. Même s'il était le plus stupide.

Pinte de lait (2)

Quelqu'un a-t-il vu ces muscles corrugateurs du sourcil (Musculus corrugator supercilii) ou muscles sourciliers (petits muscles pairs, charnus, situés le long de l'arcade sourcilière...) quelque part?

Anyway. Kenny Rogers les a égarés. Une récompense est offerte. Prière de s'adresser à eBlue.

7.7.11

Nouvelle chronique: Plutôt que...

dire qu'Isabelle Gaston aurait mieux fait d'attendre un mois ou deux, au moins 24 heures mettons, avant d'introduire son amant dans la maison familiale, eh ben, ne dites rien. C'est dangereux, genre. De dire ça. Pas à la mode pantoute.

Monsieur et Madame Toulemonde

J'ai tellement honte quand j'entends mes concitoyens se qualifier ainsi. Ils cessent d'être mes concitoyens. Des Français qui s'appelleraient Monsieur et Madame Franceprofonde, des Anglais Mister and Mistress Everibody... On est petits, on est rien, mais on est nombreux, on sait rien mais on a raison même si on sait pas pourquoi, on est toulemonde!

Fuck you. Read a book. Tas de rats.

6.7.11

Chacun ses goûts

La Mère Blue a un faible pour les renards argentés injectés de botulisme en plein front. Moi, je les préfère un brin plus expressifs. Ultimement, ça demeure la même voix, rauque, remuante, intoxiquée.

Go, Kenny. Pas importants, les sourcils. Chante-nous ça.

Nouvelle chronique: Plutôt que...

dire d'un écrivain ou de Nothomb qu'ils ont la tête enfoncée dans le cul, dites: «Voilà une conscience fastidieuse».

3.7.11

Laids comme le péché, pas de talent, charisme zéro! Keskon fait avec du monde de même?

Putain ki sont beaux. Et doués à vous crisser le vertige à l'envers, comme quand on se tient sous la Tour Eiffel et qu'on regarde en l'air...

2.7.11

Pinte de lait




Quelqu'un a-t-il vu cet enfant quelque part?


Caractéristiques:

Taille: 1m90
Âge: 29 ans
Poids: 85 kg
QI: 139
Yeux: Pers verts
Sexe: Mâle
Race: Caucasien
Langues: Français, Anglais, Japonais, Viking, Mohawk.
Aime: L'Histoire, la Mythologie, la Nutrition, la Poésie, le maniement de l'arme blanche.
Plat préféré: Le Pâté Chinois de son père.
Signe particulier: C'est mon fils. Et il est beau comme c'est pas permis.
Lieux de prédilection: Ruelles, bordels, léproseries, piqueries, abris de miséreux, partout où il est susceptible d'assouvir son vice de secourir son prochain. Qu'il ne tient pas de moi!

1.7.11

Lettres québécoises passe au 2.0 !




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Le plaisir de lire pour mieux lire

24.6.11

Vieux motard, comme on dit...

Quand on est en chicane avec sa mère, mettons, c'est l'agonie tout le jour de la Fête des Mères, les secondes sont des heures tandis qu'on tourne autour du téléphone jusque vers minuit moins dix et qu'on l'appelle quand même.

La Fête Nationale, cette année, c'est comme ça: personne, personne n'a envie de fêter ni de prétendre qu'on a lieu d'être fiers.

Fuck it. J'appelle ma mère, patrie, symboliquement, à 23:53. Coup de bol: elle (le Québec) est à la maison. «Oué, heu... Désolé de t'appeler si tard, vraiment... Tu dormais? Écoute, je fais ça vite: alors voilà, euh, mon nom est Christian Mistral, je suis de France et d'Amérique, douzième génération en cette terre et père d'une treizième, et je suis fier de ma race de monde, juste parce qu'on ne l'a pas crevée encore, ni ne lui a arraché la langue, ni ne l'a délogée de ce morceau du terrain sec, tu sais... C'est ça, en gros, que je voulais te dire. Chu content d'être Québécois. Ça me fait pas toujours bander, mais j'ai jamais envie d'être autre chose, et pis je pourrais pas de toute façon. OK. Bonne nuit, Québec, fais de beaux rêves. Je raccroche, là...»

Potin musical

Il y a de ça une petite dizaine d'années, j'étais à picoler piane-piane au zinc de mon bar favori au beau milieu d'un mercredi après-midi, en plein Plateau.

John McGale, que j'avais connu dix ans plus tôt à la grande époque du Grand Café, avant que la guerre des motards ne chasse le fun (elle fut gagnée par les végétariens: le Grand Café est désormais un Commensal), débarque avec le lapin de sa blonde, qui avait (sa blonde) un rendez-vous chez le dentiste et ne pouvait s'occuper du fauve.

John donnait un show là, chaque mercredi soir, très couru, la place bourrée à rompre, et il venait pour le sound check. Un pro. Avec son lapin.

On s'est mis à jaser, comme chaque mercredi, tandis que les techniciens bardassaient avec leur matériel, branchaient leurs fils et pétaient d'épouvantables feedbacks. Le lapin, libéré de sa laisse par John, courait dans le vaste club (il mettrait une heure à le retrouver, tapi tremblant sous la cuvette dans les toilettes des femmes).

Je ne saurais dire comment c'est venu sur le sujet, mais enfin, je lui ai fait part de mon impression quant à la chanson Ayoye.

C'est sorti en 1978, j'ai dit. J'avais quatorze ans. J'ai vécu avec. Je l'aime! Pourtant, c'est la plus absurde chanson de toute l'histoire de la chanson, dans toutes les langues. Le gars qui a écrit ça n'était pas soul, il était gelé dur, mescaline ou héroïne. Pas de la coke, pas de la puff, pas du vin ni de la bière ni du fort, possiblement de l'acide ou du champignon. Une chanson pas d'allure! Ça part partout comme des flocons de pissenlit blanchi, ça joue avec le français comme un panda jouerait avec un cube Rubik, et pourtant c'est charmant, c'est hypnotique, ça soule!

Tout le monde l'ignore, à peu près, et je suis bien (mal) payé pour savoir que l'internet est avare d'informations sur les auteurs de chansons, mais en l'occurrence, c'est André St-Denis qui a écrit Ayoye!

À l'époque, McGale avait rigolé, tout tendrement, tout fraternellement. «Christien, t'es trop high pour comprendre if I explain, pis trop drunk pour me croire si t'understand.» Après quoi il est parti à la chasse au lapin.

Hier soir, dans un documentaire sur le tournage de Gerry, le gars de North Bay s'est enfin fendu d'une explication: la chanson serait à interpréter du point de vue d'un cheval promis à l'abattoir dans les vingt-quatre heures. L'auteur se serait enfermé dans l'écurie avec le condamné et une bouteille de vin, l'aurait regardé dans le blanc des yeux et se serait mis à écrire.

Makes sense to me.

Ça m'a rappelé qu'à l'époque, je n'avais pas considéré le PCP. Ne s'en servait-on pas d'abord comme anesthésiant général et tranquillisant à usage vétérinaire? J'ai idée que le poète a échangé une partie de la dose du joual contre une grande rasade de Baby Duck.

Potin littéraire

En 1985, alors que je planchais sur Vamp, partageant un appartement avec Blue Jean Balfus et écrivant sur lui, j'écoutais cette chanson trente-trois fois par jour, version quarante-cinq tours sur un vieux pick-up.

Beej n'en pouvait plus.

Ce n'est pas, loin s'en faut, la seule raison pourquoi il a fichu le camp, mais ça y a contribué.

23.6.11

Gerry. Mario.

Saint-Amand, un ami depuis vingt-cinq ans, était né pour ce rôle, bien qu'il ait failli mourir avant de l'endosser. Il fait revivre un fantôme...



On en jugera.

16.6.11

Heeeeeeyyy!

Ouais! Toé! Le fif ek la casquette! Je t'ai reconnu! T'es mon idole, dude! Y a plein de photos de toé par chez nous! T'as toujours un bat de dix pouces dans yeule, bulbeux au boutte, pis tu liches!

Non non, chu sûr que c'est toé! Hey, dude, tu me signerais-tu un autographe pour ma blonde Rosace pis mes acolytes, euh, j'veux dire mes alcooliques, mes chums, tsé, par chez nous: sinon ils me croiront jamais!

C'est quoi, tu dis? C'est un microphone? Pour faire de la radio? Ici, à Québec? Cibole, j'ai l'air fou. Toujours pensé que c'était un bat de dix pouces.

Moi? Chez nous? Oh, euh, c'est en ville, tsé. Dans ce bout-là. Ouais, ouais, c'est comme qui dirait le Plateau, ouais...

Oh, hey, t'inquiète pas, dude: t'as full de fans en ville! Change pas de casquette pis continue à licher ton bat, euh, à t'exprimer au micro: on est avec toé, nous autres, les acolytes du Plateau.

En fait, on te lâchera pas de sitôt.

Les blokes, ces pitoyables barbares

Ils sont pas civilisés. Comment voulez-vous que nos deux cultures puissent jamais s'entendre?

Les Canucks perdent la coupe Stanley à Vancouver: les partisans déclenchent une émeute (comme en 1994) et ravagent leur propre centre-ville. Verrait-on ça ici?

Nous autres, on déclenche une émeute quand on gagne! On fout le feu, on vire des chars de police, on pète des vitrines, on fête, quoi! Mais quand on perd, on capote pas comme des enfants de six ans, on rentre à la maison sans ameuter les populations, on encaisse. On attend la prochaine fois.

Je comprendrai jamais ces sauvages anglo-saxons. Vrai que les Canadiens sont à Montréal, et que des coupes Stanley, on en a gagnées en masse: les Canucks, y en ont jamais gagnée une crisse, pis s'ils attendent ça pour jouir eux aussi des plaisirs de l'émeute, ça risque d'être long: vu de même, je peux pas les blâmer.

Tas de têtes carrées à casquettes.

Chanson pour une contredanse

Y a des Bleues en BM qui roulent en transe sur les routes de France et qui font flipper les copains. Chevelure au vent, gorge déployée, Sanson à tue-tête: c'est dangereux! Isadora Duncan s'est décapitée toute seule comme ça, avec exactement l'espèce de grand foulard que Blue affectionne, la vitesse et le rêve. Les femmes spéciales ont le chic pour faire flipper les copains. Vivement que les flics lui collent deux ou trois P-V bien salés, qu'elle ralentisse et que je dorme tranquille.

3.6.11

Arsène

C'était le prénom de mon grand-père paternel. Un beau bandit. Honnête. Difficile à expliquer.

Pour la Bleue, qui tripait sur Georges Descrières.

22.5.11

Quarante-sixièmes rugissants

Quarante-six ans. C'est l'âge de Bernard Hopkins, devenu hier le plus vieux champion du monde de l'histoire de la boxe, toutes catégories (la sienne: mi-lourds, contre un adversaire de 28 ans).

L'âge de B-Hop, c'est aussi le mien, ainsi que celui de ma meilleure amie ex-aequo (l'autre est plus jeune; on dit pas l'âge des filles, ché pas pourquoi, ou si on le dit on tait de quelles filles il s'agit).

La boxe, ça troue le cul. Et moi qui étais sur le point de renoncer à la bagarre.

14.5.11

Archives: Frère Untel

Pour ceux qui veulent savoir.

«Le fusil, disons qu'il y a peut-être un peu d'exagération là-dedans: on pourrait peut-être se contenter d'un revolver...»

10.5.11

Pagnol

J'ai trouvé ça . Ça en captivera plusieurs.

Gadget

J'ai trouvé ce gadget dans une chronique de Johnny Bee sur Canoë: sorry, j'en ai lues trente en trois jours et je ne retrouve pas laquelle au juste.

C'est une petite chose amusante ou désespérante, selon votre humeur littéraire du moment.

7.5.11

Mise au point

Ça n'arrête pas, là: les courriels montent plus vite que le niveau de la Richelieu. Je vais y mettre un terme, moi: ici, tout de suite.

Les Vieux Tribaux ont tous bien saisi ce dont je parlais, parce qu'ils savent que j'écris ce que je veux dire et que je veux dire ce que j'écris, ni plus, ni moins. Aucun d'eux ne s'est figuré que je contemplais le suicide et lançais un appel à l'aide. Ils ont compris ce qui est écrit: que j'éprouvais une peur panique de m'écrouler d'un coup dans mon Bunker sans qu'on m'y retrouve avant des jours.

Les Tribaux moins aguerris lisent trop vite et très mal, laissant leurs émotions conditionnées interpréter le texte au sacrifice de la raison, qui requiert un effort.

Si j'ai à me suicider, je ne vais certainement jamais l'annoncer ici, ni solliciter des afflux de compassion cybernétique! Quand un homme a la soudaine épouvante de mourir seul au milieu de la nuit et qu'il l'écrit, ça ne signifie pas qu'il exprime en réalité la crainte de s'anéantir délibérément, surtout pas si l'homme qui écrit est moi: si je veux exprimer ceci plutôt que cela, bordel de dieu, j'écris ceci et pas cela!

Cibole. Ça dégouline de partout dans ma boîte à malle. Faut slacker là-dessus right now: c'est pas Oprah, icitte, ni un téléthon pour la paralysie cérébrale! On ne cherche pas à traire les sentiments des innocents. Les innocents, franchement, ne devraient pas être ici, point. Mais s'ils y tiennent, alors qu'ils observent et apprennent et se taisent jusqu'à ce qu'ils ne soient plus innocents. Ça ne prend jamais très longtemps.

L'angoisse

Je traverse un de ces moments. Toujours pires à cette heure de la nuit. Petites crampes au coeur, peur de mourir ici tout seul et qu'on ne me retrouve que quand je puerai trop.

Rassure-moi, mon frère, en me rappelant que tu ne laisseras jamais passer plus de quatre ou cinq jours de silence sans venir t'assurer que tout va bien. J'ai cette hantise de me putréfier là, sur le plancher. J'ai besoin de sentir que quelqu'un dans cette vie se soucie de ce qui m'arrive.

Love,

C

3.5.11

I sing the body electric

Ce jeune poète, mort en 1892, a beaucoup d'avenir je trouve. Whitman, qu'il s'appelle. Walt Whitman.

Ça prend un certain talent pour écrire une chanson cent ans à l'avance.

2.5.11

Trente ans

On se demande, quand on a vécu assez longtemps, ce que trente ans peuvent nous faire, nous ajouter et nous soustraire, à quel point nous modifier...

Paul McCrane: la plupart des gens vivant aujourd'hui, qui sont plus jeunes que moi, l'ont vu soit écrasé par un hélicoptère dans la série ER soit tué par son père dans la série 24, interprétant chaque fois un personnage ignoble dont on était content qu'il crève. Je me souviens davantage d'un jeune rouquin chevelu troublé par sa sexualité: dans Fame, il chante ceci, et il le chante à nouveau dans Harry's Law trente ans après: on ne dirait pas le même homme, jusqu'à ce qu'il module le premier couplet...

Le plus beau est que cette chanson, il l'a écrite et composée lui-même: les producteurs de Fame, après l'avoir choisi pour le rôle de Montgomery, l'ont entendu l'interpréter et ont décidé de l'intégrer au film.

23.4.11

Joyeuses Pâques, mon colosse de Bordeaux

C'est l'homme le moins orthodoxe et le plus foncièrement chrétien que je connaisse: Tony the G(r)eek!


Attends jusqu'à la Pentecôte avant de le disséquer, le Christ...

L'animadversion

À peu près tout le monde est forcé de composer avec et à peu près personne ne connaît le mot...

7.4.11

Pintal, Mouawad et le Nouveau Monde.

Lorraine, je ne l'ai jamais rencontrée; Wajdi est un vieil ami que je n'ai plus vu depuis soixante-huit ans...

N'empêche qu'ils sont des gens pour lesquels j'éprouve une profonde estime, et vu que je suis qui je suis, levez-vous très tôt avant de songer à me contredire.

Le TNM, c'est le Théâtre du Nouveau Monde.

Le Nouveau Monde, c'est la Terre ouverte aux Bâtards de l'ancien monde, aux exclus, aux bandits, aux brigands, aux benjamins, et ceux qui ont commis des fautes...

Cantat est bienvenu ici, ou alors je noie chacun qui dit non dans le Fleuve Saint-Laurent. Maudite gang de chiens puants: d'où c'est que vous pensez que vos ancêtres sont issus? Y en a pas un qui est venu ici pour le plaisir, boys! Vos ancêtres sont des troisièmes fils, des mercenaires et des tapettes. Aurait fallu être fou raide pour venir ici aux environs du dix-septième siècle. Fou raide, ou simple d'esprit. Nos ancêtres étaient l'un ou l'autre, et le premier qui empêche Cantat de venir refaire sa vie ici est un ver dans la chair d'un chien crevé!

6.4.11

Quand à son tour il sera mort, ceci demeurera



Quand on aura voulu l'occire aussi, l'artiste Bertrand Cantat survivra.

L'homme du même nom n'a pas fini de pâtir pour un soir de dope et de boisson avec sa blonde aussi fuckée mais pas aussi lucky que lui.

30.3.11

Des nouvelles de KV


Mon frère Kevin Vigneau est un très drôle d'oiseau, comme ne sont pas sans le savoir ceux d'entre vous qui l'ont rencontré et comme ne peuvent l'ignorer les autres qui en ont seulement entendu parler, voire n'ont que lu à son propos, y compris ceux qui le prennent toujours pour un personnage de fiction.

Avant-hier, il s'est retrouvé dans une position pour lui aussi déconcertante que singulière: il n'avait rien à faire. Cela ne lui arrive jamais, il s'emploie comme un forcené à faire en sorte de n'avoir jamais rien à faire, mais on a beau faire, il arrive qu'il n'arrive rien. Soudain, un beau lundi matin, son fils étant rentré chez sa mère, sa maîtresse se remettant chez elle d'une appendicectomie, sa pile de livres étant lue et visionnée la cinquième saison de 24, son contrat de peinture dans une baraque de riches remis au lendemain, son téléphone inexplicablement silencieux alors qu'il ne cesse de sonner d'ordinaire, plein d'appels de disciples et de thuriféraires et de bons pauvres diables et de gangsters et d'entrepreneurs et de membres de la famille et parfois même de moi, le voilà désoeuvré à s'en ronger le sang, sans envie de cuisiner ni de relier une vieille édition de La Symphonie pastorale ni de l'écouter, il n'a même pas le goût de boire, ce qui lui fait prendre conscience de toute l'étrangeté de cette situation...

Inquiet, agité, bouillant de force inutilisée, il s'oblige à s'asseoir devant son Mac et le bat deux fois aux échecs. C'est un bon feeling, moins vif mais plus profondément satisfaisant que de gagner au poker en ligne contre des adversaires invisibles: certes, eux sont humains, mais quand il triomphe d'une intelligence artificielle, c'est lui-même qu'il a vaincu et surpassé, et ce n'est pas vanité de reconnaître que la chose est sacrément difficile...

Après les échecs, Kevin se retrouve au même point, sauf qu'il est dix heures du matin. Il se lève à cinq: d'habitude, vers dix heures, la moitié de sa journée de travail est faite. Comment, au nom du ciel, va-t-il pouvoir s'y prendre pour faire quelque chose de cet interminable lundi, ce trou noir, ce temps mort?

Alors, il lui revient qu'il est également écrivain, et qu'il a bu un pot la semaine dernière avec un producteur en quête de chansons. Il sort sa plume, son encrier, son papier, s'installe à son bureau, se relève pour feuilleter Fontes afin de visualiser des structures de chansons, puis s'assied pour de bon. Deux heures plus tard, il a accouché de ce qui suit, et à sa grande joie, il lui reste encore à le transcrire en Word avant de me l'envoyer: de quoi travailler au moins jusqu'à treize heures!

Ce texte n'a pas encore de titre. Son auteur est fort troublé de ce que je n'aie absolument rien trouvé à redire, à discuter, à suggérer, que je le trouve parfait comme ça. De son propre aveu, s'il ne me connaissait pas tant, cela lui semblerait faire preuve d'indifférence. Et il est vrai qu'ensemble, on ne rencontre pas souvent un texte, de lui ou de moi, dans lequel on ne trouve matière à révision: on y prend plaisir, ça fait partie du processus, on passe nos phrases à la tordeuse et en bout de ligne on est contents, satisfaits qu'on ne pouvait mieux faire et sachant exactement pourquoi chaque mot est là. Or, je n'avais rien à dire sinon que c'est très beau, sans compromis et pourtant propre à devenir une chanson populaire, substantiel sans lourdeur, j'ai même dit que j'en étais jaloux, tandis que Kevin déstabilisé s'efforçait de se critiquer lui-même en l'absence de ma coutumière contribution, comme s'il devait jouer les deux rôles dans un sketch de Jerry Lewis et Dean Martin un soir où ce dernier aurait omis de dessoûler à temps pour monter sur la scène du Cal-Neva.

Il lui est aussi passé par l'idée, oh! il ne l'a pas dit mais je sais que ça lui a traversé l'esprit, que peut-être mes facultés littéraires s'émoussaient. Les facultés dont je parle dépassent de beaucoup la capacité d'écrire: elles sont une subtile et fragile mixture de technique et d'intuition, d'oreille interne et d'autisme, de candeur et d'intransigeance, et de passion, cela qui meurt en premier. Or, mon frère voit mieux que quiconque, parce que de plus près et depuis plus longtemps, les mille petites usures qui s'additionnent en moi au fil des ans, et je sais que ça lui cause autant de peur que de peine: il a besoin de moi fort, vibrant et en grande forme. C'est pourquoi la fugitive notion que je ne sache plus lire comme avant lui a voilé le regard en traversant sa belle caboche d'oiseau rare, avant de ressortir et se volatiliser.

Ce texte-là est parfait comme ça, et faudra se lever tôt, plus tôt encore que Vigneau, pour me démontrer le contraire.

Kevin Vigneau
28 mars 2011
Texte


Il y a des printemps plus sombres
Que les matinées de septembre
Des sciences noires aussi des nombres
Où l’on cherche encore à s’entendre

Des nuits de veilles et de fuites
À suivre le couchant et l’aurore
Les embrassades et les poursuites
Le clair-obscur quand on s’endort

Mais je te promets un prochain épisode
Comme un nouvel éveil
Une vieille histoire qui se répète
Un chant, un hymne, une ode
Quelque chaleur sous le soleil

Nous aurons eu tous les visages
La peur, la faim et la richesse
Vécu mensonges et mirages
Camouflé les jours de tendresse

Mais je te promets un prochain épisode
Comme un nouvel éveil
Une vieille histoire qui se répète
Un chant, un hymne, une ode
Quelque chaleur sous le soleil

Repose-toi, encore, doucement là
Vois ce qui vient et qui éclaire
Repose-toi, et regarde… là…

Je te promets un prochain épisode
Comme un nouvel éveil
Une vieille histoire qui se répète
Un chant, un hymne, une ode
Quelque chaleur sous le soleil

Bon anniversaire, Monsieur mon Fils!

Il y a vingt-neuf ans, je te contemplais à travers la vitrine de la Maternité de l'hôpital Saint-Luc: cette nuit-là, 28 enfants étaient nés, dont 24 garçons, qui tous ressemblaient à Winston Churchill hormis un petit Italien pourvu d'une tignasse épaisse, noire et frisée à faire peur. N'empêche, des 23 Winston qui restaient, tu étais le plus beau, le plus fort, le plus joyeux de vivre, tu étais le mien et je t'ai reconnu sans difficulté.

Depuis trente ans (je compte le temps de t'avoir désiré puis conçu puis attendu), tu m'as procuré un profond bonheur, un sentiment d'intime, d'intense satisfaction, une mesure d'accomplissement que mon travail seul ne suffisait pas à m'apporter. Je te remercie d'être venu au monde, mon fils.

Papa

2.3.11

La vie, quoi!

Comme si une Précieuse post-moderne ne sentait pas non plus le diable quand elle pète et qu'elle pue, quand elle chie et qu'elle sue, comme si les contes de fées bus dans son enfance et les récits pornos vus plus tard s'assemblaient en sapience de ce qu'est la vie pure, la vie vraie, la vie propre et désirable. Une vie qui ne serait pas merde, sang, sperme et pus et chiendent, traversée parfois d'éclairs propres et lumineux, de temps en temps, mais pas souvent. La vie, quoi!

Les pillés atterrés

Elle m'a laissé la version richement reliée d'un roman qu'elle me recommandait depuis longtemps, conservant pour sa part une édition de poche. Nous devions, paraissait-il, les lire de concert. Ce n'étaient que mensonges et remises à plus tard. Mais le roman est bon, fulgurant et plein d'excitation: s'y trouvent une supposée sorcière aimant mieux l'idée de la mort que celle d'abandonner l'homme auquel elle s'est consacrée, et une soi-disant noble dame disposée à se livrer sans amour aux sévices de l'argent, de la sécurité, de la reproduction et de la souveraine raison.

J'en ai quasiment lu la moitié.

Vézina versus Brûlé: la querelle des gros Michel

Je connais MB depuis vingt-cinq ans, et dans l'intérêt de la transparence je précise qu'en un quart de siècle je ne suis jamais arrivé à le sentir. J'ai essayé, j'ai tout tenté, mais rien à faire: je peux pas le sentir. Toujours dans l'intérêt de la transparence: je crois que c'est réciproque.

MV, c'est différent. On est en froid depuis un certain temps, depuis la mort de Nelly pour tout dire en transparence, mais je n'ai jamais cessé de l'estimer, même si et peut-être parce qu'il ne me rend pas toujours la chose facile.

Brûlé a mis le feu sous les pieds des hebdomadaires Transcontinental et leur chroniqueur, Michel Vézina, les sommant de se rétracter, de s'excuser, de lui baiser le cul ou de lui creuser une piscine à Saint-Jean-des-Meumeux, enfin on croit piger qu'il se sent diffamé.

Il les a eues, ses excuses. Officielles. Pas de Big Mike en personne, ni signées de son nom, mais émises en son nom, oui, avec sa permission, par Transcontinental. Ça a dû être très dur pour lui, mais faut gagner sa vie, qui est celle de sa famille. Vézina est un gars qui flôbait ses chèques de BS autrefois pour nourrir des oiseaux dans le bois: il n'a rien à prouver à personne quand il est question d'avidité et de son contraire.

C'était, je crois, le 17 décembre dernier que les paroles en cause ont paru. Évidemment, je les reproduis ici, juste au cas où elles disparaîtraient ailleurs.

J’ai toujours dit que la lecture aidait à développer les connaissances et le savoir : la culture. Michel Brûlé est la preuve vivante que ça peut être faux. Quiconque dirait de Brûlé qu’il est crétin, imbécile ou que son cerveau a pris la taille et la forme d’un vieille gourgane sèche – voir chronique précédente –, aurait tort. Brûlé a lu. Beaucoup lu. Enfin, on imagine qu’il a lu : il est quand même détenteur d’une maîtrise en littérature… et éditeur.
S’il faut observer le monde en tenant compte d’une complexe série de paramètres – ce que font très rarement les économistes – il faut envisager, pour comprendre le cas Michel Brûlé, de se référer à la psychanalyse. En matière de complexe, il vaut certainement le détour d’une longue observation : un exemple rare de complexe de supériorité!
Non content de faire un fou de lui de manière régulière (et de nous, par conséquent, puisqu’apparemment ses vidéos et ses chansons sont fortement appréciées en Allemagne, où il braie avec fierté ses origines), non content de s’être accroché les pieds dans les fleurs de tous les tapis de tous les domaines dont il a tâté – sauf l’édition, bien sûr, où il fait quand même figure d’exemple – le voici maintenant qui se découvre des vertus de politicien, et ce avec nulle autre rêve que celui de devenir maire de Montréal, puis premier ministre du Québec.
Le pire, c’est que ça risque de marcher.
Surtout si la Presse continue d’en faire son pain : j’hallucine encore de l’attention glorificatrice que le quotidien de la rue Notre-Dame lui a porté à l’annonce de sa candidature. Deux pages pleines…
Comment justifier cela? Difficile à dire. Très difficile à dire…
Du spectacle, encore. Du grand spectacle. Tout n’est que spectacle. Toutes les questions, tous les gestes, toute la machine, tout : du crisse de spectacle. Et en ce sens, le projet de loi C-32 dont on ne parle pas assez pousse plus loin encore cette logique suffocante : notre monde n’a plus besoin d’auteurs.


Brûlé ne sait pas ce que c'est que la diffamation: je me fais fort de le lui démontrer, s'il y tient.

Tout à l'envers

C'est peut-être le peuple, à poil, qui devrait guider la Liberté bien habillée, au lieu du contraire.

27.2.11

Clichy, Delacroix, la Liberté et moi


Delacroix, ma foi, ne fut au début pour moi guère plus qu'un nom vague évoqué au détour d'une page de Baudelaire, et revu en passant chez Théophile Gautier, rue Longchamp à Neuilly (lequel, by the way, ne manquait jamais de planquer tous ses rouleaux de papier-cul dans la loge de la concierge avant qu'on arrive, or ma maîtresse du temps, madame la duchesse de Saint-Quejemme... Oh pis crisse, who gives a flying fuck) : aussi vite oublié, tout juste comme ça vous est arrivé avec des gens insignifiants croisés dans un party.

Je m'étais laissé dire que c'était un bâtard de Talleyrand, ce qui m'avait fait hausser les épaules, car qui ne l'était pas, en ce temps-là? D'autant plus que le père officiel d'Eugène, se trouvant affligé à l'époque de la conception d'un sarcocèle de 16 kilos (j'invente rien, ni ne me moque de l'actuel Président de la République), lequel l'avait rendu stérile (on le serait à moins), fallait bien qu'un bon diable se dévoue, alors pourquoi pas Talleyrand, déjà légendaire pour sa grandeur d'âme. Il n'était plus tout à fait évêque, il n'était pas encore qualifié par Napoléon de «merde dans un bas de soie», bref tout pour plaire aux femmes, si l'on veut bien faire abstraction de son pied difforme aux orteils atrophiés rappelant le sabot d'un bouc, mais à choisir entre ça et la tumeur scrotale de 16 kilos, Victoire Delacroix n'a pas dû tergiverser longtemps...

Doux Jésus, je m'égare! Voyons voir...

Delacroix, donc. Arriviste, flagorneur, lécheur de mécênes et passé maître dans le geste de retourner sa veste à chaque changement de régime sans que personne n'ait le temps de le remarquer, bref un artiste tout à fait normal.

C'est en débarquant à Paris en 1988 que j'ai soudain conçu de l'intérêt pour Delacroix. Je sortais du bureau de change à Clichy, où j'avais converti mes dollars en francs, et je m'apprêtais à gravir les cinq étages du building à putains où je comptais bien me faire sucer en hommage à Henry Miller, quand je pris un instant pour me familiariser avec les divers billets de banque tout craquants et tout neufs que je venais d'acquérir. Les devises étrangères peuvent porter à confusion au début, il faut un certain temps pour décliner leurs dénominations sans se gratter la tête, pour mesurer le prix des choses, or j'allais là pour me faire sucer, pas pour me faire fourrer.

Et c'est ainsi que je portai mon premier regard sur les traits d'Eugène Delacroix, illustrant un billet de cent francs, traits qui ne m'impressionnèrent guère puisque je tournai aussitôt le billet pour regarder derrière. J'y vis son tableau, La Liberté guidant le peuple...

La Liberté, en l'occurrence, avait les seins fiers, plantés haut, charnus et nus, de même que l'aisselle poilue; elle brandissait un drapeau et avançait, marchant sur cadavres et gravats, flanquée de Gavroche et d'un figurant affublé d'un haut-de-forme (ainsi que d'une espingole, accessoirement: dire que je n'avais jamais lu ce mot avant ces derniers jours, et voici que je ne peux plus ouvrir une page sans trébucher dessus).

Ça m'a soufflé. Nulle part ailleurs au monde, je l'ai appris plus tard, il n'existait de billet de banque illustré d'une fille topless. Dans la plupart des pays islamiques, on refusait carrément de les changer en argent indigène... J'étais fier de la France, et d'en être issu, j'ai savouré le moment, sachant qu'il n'allait pas durer longtemps, et de fait l'instant d'après les PTT ont émis un timbre à l'effigie d'André Malraux, une célèbre photo, sauf que la clope n'y apparaissait plus. C'était après Staline et avant Photoshop. Le charme était rompu. Chu monté au cinquième.

25.2.11

Le mot du jour d'hui, c'est: ESPINGOLE

Ceuzes à qui ça ne plaît pas peuvent s'assir sur un tromblon, ben, ben profond, pis suçoter un mousqueton en attendant d'apprendre l'anglais.

Aaahhh!!! L'anglais!

16.2.11

Lajeunesse

Ben non, Kid: la Tribu n'est pas de nature à sa taire. Tu t'appelles Lajeunesse, pour de vrai?

confiant qu'ils respecteront ma solitude loquace.

I wouldn't be if I were you, but of course I'm not...

10.2.11

There's a new blogger in town

Quand je rougis, c'est pas toujours à cause du whisky.

Ce jeune homme se fend à mon propos de quelques paragraphes bien sentis dont, une fois n'est pas coutume, j'ai la faiblesse de faire état ici.

On va lui envoyer du trafic et lui mettre le pied à l'étrier, héhé...

7.2.11

Tire-tire, pousse-pousse.

Pour mon vieux Big Mac, féru de Louis-Ferdinand, et pour Céline, Dion, parce qu'avant de bouffer les pissenlits par la racine, vaut mieux avoir tâté tant soit peu de la tige, mettons...

22.1.11

Népenthès

Pâris en offrit une grande chope à Hélène.

Quand on est triste pour mourir, qu'on se sent moche à en crever, quand l'amour fond comme sucre dans le wok, quand on dit fuck à la vie, y a Homère, aveugle mais pas sourd, pour écouter et remplir des shooters de népenthès...

11.1.11

Un hostie de précieux beau cadeau de ma belle Blue


Le shipping lui a coûté quasiment aussi cher que le livre. Mais elle tenait à ce que je l'aie, et que je l'aie vite.

Avec la permission d'Emcée, je lui baise les pieds.

5.1.11

Tous les mêmes!

S'pèce de race d'artistes. Engeance de cigales. Prodigues, rêveurs, immatérialistes, toujours pressés de se ruiner en frivolités au détriment de manger, et pauvres comme la gale. Regardez celle-là, ce qu'elle a fait. Oui, oui, c'est bien elle, c'est Laure Kalangel, fraîche revenue de claquer son pécule sur mes livres à Paris. Et dans dix jours, quand il ne restera qu'un vieux fond de cassoulet verdâtre en conserve au frigo et que j'entendrai gargouiller son estomac depuis Jussieu jusqu'ici, qui c'est qui se sentira horriblement coupable?

No way. Au pire, chu sûr que Big Mac peut improviser un concert-bénéfice en passant par Paris vers le milieu du mois.

Pour cent dix-huit Tribaux, plusieurs passants du clair de lune et une Tête de Pine incognito

Ché pas vous autres, mais me semble qu'il s'est écoulé beaucoup trop de temps, un temps quasiment indécent, depuis que j'ai posté ici une bonne photo cochonne.

La dernière fois, rappelez-vous, c'était le 30 avril 2009. Souvenez-vous aussi de ce qui s'est passé ensuite, alors qu'une valeureuse Tête de Pine anonyme s'est empressée de dénoncer ce site à Blogger, dont la mise en garde frontispice automatique, unilatérale et sans appel vous accueille toujours avant de pénétrer céans, vingt mois plus tard.

J'ai beau me creuser, je ne vois pas où serait le mal, dans ce contexte, à en poster une autre astheure, et le mal qu'il y aurait à ne pas le faire me saute aux yeux.

En voilà une, alors, que j'affectionne intensément, avec ferveur pourrait-on dire, et dont néanmoins j'ignore ignominieusement l'auteur. Je l'avais offerte à la même suave créature dont je tenais la précédente image, celle qui fut cause de tant d'émoi.



Nul ne niera j'espère qu'en matière de cochonneries, l'équation est fondamentale: un coup c'est elle, un coup c'est toi, tantôt souris et tantôt chat...

3.1.11

Je voudrais comme autrefois

Cracher de gros morceaux d'âme crue sur mes souliers de papier.

Râper les gros nerfs

Je le sais bien, que je vous énerve, à force de ne rien parler d'autre que d'Elle, quand je parle, puisque somme toute je ne parle à peu près plus.

Mais c'est ainsi: je (pour)suis ce qui me tient lieu d'inspiration, pour un sens ou un son, une lippe ou un videoclip...

Lundi sushi

Les Fêtes sont finies, Emcée rentrait à l'ouvrage ce matin, je me suis levé dix minutes avant elle pour préparer son café, son demi-verre de jus d'ananas et ce clip instructif sur le Panope du Pacifique...

Ma femme est rieuse au naturel, mais rien ne la met d'aussi joyeuse humeur que regarder rire les autres de bon coeur, d'où qu'elle m'ait dit merci pour ce cours intensif et matinal sur la Palourde Royale.

27.12.10

Si fort que j'en tremble...

Cadeau pour la maman de mon Emcée: elle aime Adamo depuis plus de cinquante ans, et son mari l'aime elle, tant, qu'il ne s'en formalise pas...

3.12.10

Ton corps est ma chanson...

Le monde a bien changé, indeed. À commencer par moi. Par la grâce d'Emcée.

Ma vie aime ta vie, mes os aiment tes os, mon sang aime ton sang. Merci d'exister.